La femme congolaise n’est pas encore rentrée dans l’histoire du 08 mars

Le 08 mars 2017, j’étais à Brazzaville. J’ai vu des femmes souvent en uniforme remplir les bars et boites de nuit, souvent après des repas financés par leurs boss ou elles-mêmes. Chez mon cousin, ma belle sœur m’a demandé son cadeau du 08 mars. A la télévision, j’ai vu des femmes défiler à l’initiative du gouvernement pour l’aboutissement de la loi sur la parité, dont le principe est déjà admis dans la dernière constitution.

Il faut peut-être rappeler que ce jour ne commémore pas la femme, mais la lutte des femmes pour leurs droits. Ce n’est donc pas l’occasion pour elles de recevoir des cadeaux de la part de leur entourage ou de leur patron, mais plutôt celle de faire le point sur le recul des injustices qu’elles subissent dans la société. C’est le moment idéal pour éduquer et sensibiliser sur les droits que la communauté banalise parfois comme dans les violences conjugales ou les différences de salaires.

Le gouvernement certainement a de bons projets pour les femmes, mais ce sont les organisations féminines qui devraient porter le flambeau de cette lutte, pour être en accord avec ce slogan feministe qui dit : « Ne me libérez pas, je m’en charge ». En partenariat avec les autorités, elles devraient lutter contre les grossesses précoces, promouvoir la scolarisation de la jeune fille et l’excellence feminine. Puis le 08 mars, on fait le point des actions et des résultats sur la communauté.

On leur a donné la parité, cette injustice faite au principe du mérite, mais elles ont été incapables de couvrir le nombre de candidatures aux dernières élections. Pourtant dans la société, la congolaise est une battante productive qui ne gagne pas que par des jeux de cuisses en l’air.

On les voit partout ces dignes scientifiques, commerçantes et autres productrices qui participent au développement du pays tout en soutenant leurs familles. Beaucoup ont besoin de comprendre le sens de la fête qu’elles célèbrent annuellement et de s’activer à repousser les injustices qu’elles subissent dans la société.

« Celui qui ne bouge pas ne sent pas ses chaines » Rosa Luxembourg

Contribution de N. Aka

Penseur congolais de la diaspora

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

15  −  8  =